Sound Surveillance System

Le SOSUS (SOund SUrveillance System) est un réseau américain d'hydrophones (ou sonars passifs) et d'antennes actives destiné à repérer les sous-marins et les navires, en particulier soviétiques, s'approchant du territoire américain. Il a été conçu dans les années 1950 et a été régulièrement modernisé.
Caractéristiques
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Le but de ce système est d'écouter les sons produits par les navires et sous-marins, comme leur bruit d'hélice et de moteur: les vibrations des moteurs, ainsi que la cavitation des hélices se propageant à de grandes distances sous l'eau. Les caractéristiques de ces sons peuvent permettre de connaitre le nom ou la classe du bâtiment détecté. Le réseau permet aux États-Unis, au cours des années 1960, de mieux corriger les bruits de ses sous-marins, les rendant plus silencieux que ceux de l'URSS[1].
La première ligne est mise en service en 1951, au large des Bahamas, puis deux lignes sont ajoutées sur les côtes Est et Ouest des États-Unis entre 1952 et 1958[2]. Leur efficacité est telle à cette époque que le sous-marin nucléaire lanceur d'engins USS George Washington est localisé tout au long de son parcours entre les États-Unis et la Grande-Bretagne de 1961[2]. L'année suivante, SOSUS détecte son premier sous-marin soviétique[2]. Le réseau est régulièrement amélioré et agrandi au cours de la guerre froide.
Bien que les performances et les positions des hydrophones soient tenues secrètes, on sait qu'il existe quatre « lignes » de SOSUS :
- la ligne CAESAR le long de la côte occidentale des États-Unis ;
- la ligne COLOSSUS le long de la côte orientale des États-Unis ;
- la ligne BARRIER qui surveille le GIUK (Groenland - Iceland - United Kingdom, par où passent les navires soviétiques pour rejoindre l'Atlantique) ;
- la ligne BRONCO le long de la côte est de la Sibérie et de l'Asie orientale.
Les hydrophones actuels[Quand ?] sont du modèle AN/FQQ-10(V), qui mesure environ 20 mètres sur 10. Sur les lignes du SOSUS, ils sont espacés de 10 à 30 km. Leurs informations sont transmises à des stations terrestres pour leur exploitation. Ils sont intégrés avec d'autres systèmes de renseignement électronique dans des réseaux régionaux, les OSIS (Ocean Surveillance Information System), qui transmettent leurs informations à trois centres continentaux FOSIC (Fleet Ocean Surveillance Information Center) chargés de fournir les renseignements demandés par les commandements des flottes de l’US Navy (Atlantique, Pacifique et Europe).
XXIe siècle
[modifier | modifier le code]Depuis la fin de la guerre froide, la nécessité d'un tel réseau d'écoute a fortement diminué, et les lignes d'écoutes modulaires et jetables, conçues pour une pose rapide dans une zone d'opération avancée lui sont préférées, comme l’advanced deployable system (ADS : système en déploiement avancé), devenu opérationnel en 1996[3]. Des réseaux ont été désarmés, d'autres sont mis à la disposition des biologistes pour les aider dans leurs recherches[4] (les chants de baleines ou mouvements sismiques intéressent les chercheurs).
Au début des années 2020, le SOSUS, et les autres élements du système intégré de surveillance sous-marine, est fortement modernisé devant l'évolution de la marine chinoise[5].
De nos jours, SOSUS désigne de façon générique les lignes d'hydrophones en position fixe utilisées pour surveiller les activités en surface et sous la mer[6],[7].
Le bras de fer se joue dans les profondeurs atlantiques, là où rôdent les grands squales armés des puissances. Depuis quelques années, les sous-marins russes ont accru leur activité en Atlantique Nord. Avec ses alliés de l’Otan, la Royal Navy a entrepris de leur interdire ces eaux, ou du moins de leur y rendre la vie difficile[8].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Jean-Marie Mathey, Alexandre Sheldon-Duplaix, Histoire des sous-marins, des origines à nos jours, Boulogne-Billancourt, ETAI, , 191 p. (ISBN 2-7268-8544-6)
- ↑ Histoire des sous-marins, p. 108
- Histoire des sous-marins, p. 94
- ↑ (en) « Advanced Deployable System [ADS] », sur globalsecurity.org (consulté le )
- ↑ Histoire des sous-marins, p. 140
- ↑ Joe Brock, « U.S. revives Cold War submarine spy program to counter China », sur Reuters,
- ↑ Système de surveillance sonore (SOSUS).
- ↑ Whitman, E.C. (2005) SOSUS : L'«arme secrète » de la surveillance sous-marine. Guerre sous-marine, 7. Citations d’articles.
- ↑ Service Infographie Arnaud De La Grange, « Drones, frégates... Comment la Royal Navy veut interdire l’Atlantique Nord aux sous-marins russes », sur Le Figaro, .
Annexe
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Robert Hutchinson, Sous-marins, la guerre sous les océans, Airelles, , 223 p. (ISBN 978-2884680394)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Sous-marin
- Sonar
- Cryptanalyse acoustique
- ACOUSTINT (en) (Intelligence acoustique)
- Renseignement électronique
- MASINT
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) SOSUS: The "Secret Weapon" of Undersea Surveillance, Undersea Warfare, Winter, 2005, Vol. 7, No. 2, article by Edward C. Whitman
- (en) The Acoustic Monitoring Project
- (en) The Third Battle: Innovation in the US Navy's Silent (MIT: )
- (en) Sound Surveillance System (SOSUS)