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Fernand Bouisson

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Fernand Bouisson
Illustration.
Fernand Bouisson en 1931.
Fonctions
Président de la Chambre des députés

(9 ans, 4 mois et 20 jours)
Législature XIIIe, XIVe et XVe (Troisième République)
Prédécesseur Raoul Péret
Successeur Édouard Herriot
Président du Conseil des ministres français
[Note 1]
(6 jours)
Président Albert Lebrun
Gouvernement Bouisson
Législature XVe (Troisième République)
Coalition AD-RI-RRRS-PRS-FR
Prédécesseur Pierre-Étienne Flandin
Successeur Pierre Laval
Ministre de l'Intérieur

(6 jours)
Président Albert Lebrun
Président du gouvernement Lui-même
Gouvernement Bouisson
Prédécesseur Marcel Régnier
Successeur Joseph Paganon
Député français

(33 ans, 2 mois et 17 jours)
Élection (partielle)
Réélection 8 mai 1910
26 avril 1914
16 novembre 1919
11 mai 1924
22 avril 1928
1er mai 1932
3 mai 1936
Circonscription Bouches-du-Rhône
Législature IXe, Xe, XIe, XIIe, XIIIe, XIVe, XVe et XVIe (Troisième République)
Groupe politique SU (1909-1910)
PS (1910-1934)
NI (1934-1937)
App. GI (1937-1940)
NI (1940-1942)
Prédécesseur Antide Boyer
Successeur Circonscription supprimée
Maire de La Ciotat

(7 ans, 6 mois et 12 jours)
Élection 12 mai 1935
Prédécesseur Jean Bouissou
Successeur Émile Laynaud
Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône

(1 an)
Prédécesseur Auguste Girard
Successeur Louis Pasquet
Conseiller général des Bouches-du-Rhône

(12 ans)
Circonscription Canton d'Aubagne
Prédécesseur Joseph Lafond
Successeur Timothée Bonnet
Biographie
Nom de naissance Fernand Émile Honoré Bouisson
Date de naissance
Lieu de naissance Constantine (Algérie)
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décès Antibes (France)
Nationalité Française
Parti politique Socialiste indépendant
SFIO
Républicain-socialiste
Sans étiquette

Fernand Bouisson, né le à Constantine (Algérie) et mort le à Antibes (Alpes-Maritimes), est un homme d'État français, président de la Chambre des députés de 1927 à 1936 et président du Conseil pendant quelques jours en 1935.

Au début des années 1900, Fernand Bouisson évolue en tant que joueur de la section de rugby à XV de l'Olympique de Marseille après avoir porté les couleurs du Stade français où il est deux fois champion de France (en 1894 et 1895). Le stade de l'Huveaune, ancien stade du club, portera d'ailleurs son nom[1].

Il est élu conseiller municipal, puis maire d'Aubagne en 1906[2]. Le conseil général des Bouches-du-Rhône lui ouvre ses portes en 1907 quand il devient conseiller général du canton d'Aubagne et l'élit presque aussitôt président de l'assemblée départementale.

Il devient député socialiste indépendant, puis SFIO et enfin républicain-socialiste de 1909 à 1940. Il est commissaire aux Transports maritimes et à la Marine marchande dans le cabinet de Georges Clemenceau (1918-1919).

Président de la Chambre des députés, du au , Bouisson détient le record de longévité dans cette fonction sous la IIIe République. Il y eut toutefois une courte interruption de sa présidence en juin 1935, due à son bref passage à la présidence du Conseil.

Il préside le Conseil de l'Union interparlementaire de 1928 à 1934.

Président du Conseil du au , il réussit à réunir dans son gouvernement Pierre Laval, Édouard Herriot, Joseph Caillaux, Georges Mandel et Philippe Pétain mais la Chambre lui refusa une délégation de pouvoirs le , du fait de la présence de Joseph Caillaux dans son gouvernement. Il est ainsi le chef du gouvernement ayant occupé sa fonction le moins de temps dans l’histoire de France.

La victoire du Front populaire le prive de la présidence de la Chambre des députés.

Bouisson a cherché à améliorer le travail parlementaire. Il fut l'auteur d'une proposition instaurant le vote électrique (aujourd'hui électronique).

Il est le maire de La Ciotat de 1935[3],[4] à 1942[5].

Le 10 juillet 1940, il est un élément important permettant le vote des pleins pouvoirs constituants à Pétain. En début de séance, il propose l'extension à l'Assemblée nationale d'une règle en vigueur dans la seule Chambre des députés : la faculté pour le Gouvernement de Pierre Laval de discuter en priorité du projet qu'il porte, et ensuite seulement des contre-projets. Alors que Laval garantit explicitement que les membres qui ont déposé un contre-projet auront le droit de s'expliquer librement à la tribune, cela n'aura de fait pas lieu, l'Assemblée adoptant la cloture dès le début de la discussion générale.

L'ensemble de la manœuvre permet d'empêcher l'expression de neuf des dix orateurs inscrits et la discussion et le vote d'un projet concurrent, la « motion des vingt-sept » du radical-socialiste Vincent Badie, qui s'oppose à la disparition du régime républicain, et dont l'adoption aurait pu mettre en échec l'attribution des pleins pouvoirs constituants à Pétain.

Lorsque Badie tente de monter à la tribune pour faire mettre en discussion et aux voix la « motion des vingt-sept », Bouisson s'interpose physiquement et l'en empêche[6],[7].

Bouisson demande ensuite que les noms des abstentionnistes soient publiés au Journal officiel.

Il vote ensuite les pleins pouvoirs constituants à Pétain, puis abandonne la vie politique.

Il est aussi président du conseil d'administration du quotidien parisien L'Œuvre. Il conserve cette fonction sous l'Occupation lorsque Marcel Déat en prend la direction politique et en fait un journal collaborationniste[8]. Dans son Journal d'un républicain engagé (Fondation Varenne, 2019), le directeur de La Montagne, Alexandre Varenne, évoque à plusieurs reprises leurs rencontres[9].

Il servit de modèle au président Buitton dans les Hommes de bonne volonté de Jules Romains et dans Terminus Marseille de François Thomazeau.

Fernand Bouisson meurt le à l'âge de 85 ans[10].

Il est inhumé au cimetière Rabiac à Antibes[11].

Notes et références

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  1. Les dates de fin de gouvernement indiquées sur le Wikipédia en anglais peuvent être fausses (sur certaines pages). Elles correspondent à chaque fois à la passation des pouvoirs entre l'ancien président du Conseil, démissionnaire mais expédiant les affaires courantes, et le nouveau président du Conseil venant d'être nommé.

Références

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  1. Alain Pécheral, La Grande Histoire de l'OM, Éditions L'Équipe, , p. 124.
  2. [1]
  3. [2]
  4. [3]
  5. [4]
  6. Jean Sagnes, « Le refus républicain : les quatre-vingts parlementaires qui dirent « non » à Vichy le 10 juillet 1940 », Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, vol. 38, no 4,‎ , p. 555–589 (DOI 10.3406/rhmc.1991.1607, lire en ligne, consulté le )
  7. « Assemblée nationale - Commémoration du vote des Quatre-vingts - 10 juillet 2010 », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le ).
  8. DUBASQUE, François, Chapitre 11. Les derniers combats d’un homme politique dépassé ? In: Jean Hennessy (1874-1944): Argent et réseaux au service d'une nouvelle république, Presses universitaires de Rennes, 2008 (Lire en ligne)
  9. Alexandre Varenne, Journal d'un républicain engagé, Paris, Fondation Varenne, , 908 p. (ISBN 978-2-916606-83-5), pp. 711, 748, 767
  10. M. Fe« rnand Bouisson est mort », Le Monde, .
  11. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Cherche Midi, 2011, p. 19.

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Bibliographie

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  • Nicolas Roussellier, « Fernand Bouisson et la question de la réforme parlementaire », dans Jean Garrigues (dir.), Les Présidents de l'Assemblée nationale de 1789 à nos jours, Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres » (no 157), , 344 p. (ISBN 978-2-8124-5019-8, présentation en ligne), p. 125-136.
  • Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
  • « Fernand Bouisson », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition].

Articles connexes

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Liens externes

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